Sur la Terre…

lundi 15 décembre 2008

le gars Jésus (rue des Panoyaux, Paris, 22 juillet 2007)

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« Suivez le Christ » qu’il disait le tract par terre. Grosse rafale de vent et voilà que le Christ s’envole. Là pour le coup, ça m’a donné envie de le suivre. Je l'ai rattrapé sous les roues d’une voiture, entre deux mégots et trois pissenlits. Le temps de le photographier et retour du vent diabolique. Impossible à suivre le gars Jésus.


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dimanche 14 décembre 2008

Le type qui court (Jardin des Tuileries, Paris, 23 septembre)

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Vous ne verrez pas le type qui court un soir de septembre au jardin des Tuileries.
Ça se voyait trop que j’allais prendre une photo. Alors, le type qui court, poli, a dévié sa route histoire de ne pas être dans le champ et de me faire ainsi rater ma photo ; qu’il croit. Erreur de jugement du type qui court. Faute de discrétion du photographe. Le type qui court part rejoindre les « unphotographable » façon Michael David Murphy.
L’idée de départ était la suivante : prendre en photo un bout du type qui court (son pied idéalement, un peu flou encore mieux) un peu à gauche du panneau interdisant de marcher et a fortiori de courir sur la pelouse. Sur la photo que vous ne verrez jamais, le type qui court va en sens inverse de celui du type du panneau (voir photo). Sauf que le type qui court a eu le réflexe de tout un chacun lorsqu’il m’a vue sortir mon appareil photo. Il a pensé que ce n’était pas pour lui et est soigneusement passé hors-champ. Depuis ce jour, dès que je vois quelqu’un sortir un appareil photo dans la rue, je passe dans le champ. On ne sait jamais.

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mardi 16 septembre 2008

Monumental Monumenta, Paris, 17 mai 2008

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Monumenta 20008. Richard Serra a investi la nef du Grand Palais. Monumentales plaques de métal rivées au le sol, projetées vers le ciel, et qui semblent ne jamais prendre fin. Un effet de perspective ajoute encore au côté immense, infini, monumental.
Pascal Dusapin « habille » ce soir-là la monumentale œuvre de
Richard Serra d’une nappe sonore visant à donner un peu
de légèreté à tout cela.
Joie de la technologie, un visiteur sur deux est équipé d’un appareil photographique numérique. C’est vrai que c’est tentant de photographier Monumenta. Sauf que ça ne donne rien et que ça ne donnera jamais rien sans l’équipement adéquat. Que faire ? Je choisis de ne pas prendre de front cette chose immense mais de photographier ceux qui la photographient. Résultat beaucoup plus probant : il y a celui qui s’arc-boute, sur la pointe des pieds, pour photographier le détail, là, à deux mètres du sol ; ou celui qui s’éloigne ajoutant de la perspective à la perspective. Je photographie la photo de celle qui vient de prendre une photo et qui contrôle, l’air dubitatif, ce que ça donne sur son écran. Je me fais repérer par un photographe, en imperméable Colombo, ne désirant pas être photographié et prenant ses jambes à son cou dès qu’il m’aperçoit. Et puis là, une Japonaise au sol, Vuitton obligatoire à l’épaule. Elle a choisi de prendre le problème… d’en bas.

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dimanche 25 mai 2008

Retour de l’être aimé (Place de la Bastille, Paris, 15 mai)

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C’est à la marge d’une manifestation Place de la Bastille. Sur une piste cyclable, des tracts d’un genre nouveau : le mini tract. Il présente plusieurs avantages : plus économique en terme de fabrication que le tract classique, il peut en outre être facilement dispersé en pluie de confettis festive lors d’une manif. Très certainement ce qui s’est passé ici.
L’inconvénient majeur du mini-tract réside cependant dans la place restreinte laissée au message revendicatif qu’il doit porter. Il convient donc d’être synthétique. Tout dire en un minimum de mots : Services publics / Travail / Emploi / Statuts / Salaires / Retraites. Qu’est-ce qu’il manque ? Rien. Mais alors vraiment rien. Ça fait beaucoup de choses tout de même non ?
Impossible de ne pas faire le lien avec les annonces des marabouts, d’un format à peine plus grand et aux promesses exhaustives distribuées à la sortie du métro Barbès. Réussite aux Examens, désenvoûtement, retour de l’être aimé, paiement après résultats. Voilà qui eut été chic sur ce tract d’un syndicat du ministère des finances : paiement après résultats.

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mardi 6 mai 2008

Contactologie (18 novembre 2007,rue des amandiers, Paris XXe)

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La Ressemblance par contact, dernier opus de Georges Didi-Huberman, dissèque, analyse, conceptualise sur l’empreinte, ses significations et ses apparitions dans l’art. Tout cela est très brillant mais ne m’apporte aucune réponse quant à la nature de mes empreintes de feuilles.
Résumons : un jour d’automne, des feuilles sur un trottoir. Rien à redire là-dessus. C’est la saison. Le lendemain, plus de feuilles sur le trottoir mais en guise de survivance, ces empreintes qui disparaîtront à leur tour au bout de plusieurs jours. Très mystérieuses feuilles spectrales. Très précises, précieuses et éphémères empreintes.
Au début du mois d’avril dernier, la vénérable maison Sotherby’s a retiré d’une vente pour complément d’expertise une image qui pourrait bien bouleverser tout ce que l’on sait de l’histoire de la photographie. Car excusez du peu, cette image pourrait bien être la plus ancienne photographie connue à ce jour. Très précisément, il s’agit d’un dessin photogénique, empreinte obtenue par contact d’un objet sur une surface sensible. On estime que la feuille d’arbre ainsi reproduite aurait plus de deux siècles. Vertigineux mais toujours aucune explication pour mes empreintes de feuilles très photogéniques.

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lundi 28 avril 2008

Vive la mariée ! (Paris, marie du XXe. 5 avril)

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Un samedi matin pluvieux. Frileux. À la mairie du XXe, la saison des mariages a commencé. Ambiance Las Vegas avec engagements pour la vie à la chaîne. On fait la queue pour passer devant madame le maire. On fait la queue pour immortaliser le moment sur les marches de l’escalier d’honneur où un rayon de soleil a eu le bon goût de se faufiler au milieu des nuages de ce printemps pluvieux. En vrac et en attendant son tour on croise : une mariée meringue à la traîne trop longue, trop vaporeuse, trop crème fouettée. Une autre à la jupe trop rouge, trop coiffée trop maquillée, un prince charmant au catogan démodé, costume sombre et chaussures claires et neuves et garanties mal au pied en fin de journée. Décorum de circonstance, musique de circonstance. Ors de la République idem.
Cette mariée-là n’est pas recouverte de crème fouettée, pas de coiffure spécial mariage. Mariée ordinaire pour journée peu ordinaire. Elle se prête au jeu des photos de bonne grâce. Un sac posé suffisamment loin sur le bord de l’escalier histoire d’être à peu près sûr qu’il se trouve hors champ. Clic ! Les jambes de la mariée.

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dimanche 16 décembre 2007

Chevaux échappés (rue Beauvau, Marseille, 01 novembre 2007)

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C’est une belle journée d’automne à Marseille. Soleil chaud. Étonnamment chaud. Là, sur le trottoir de la rue Beauvau, à deux pas de l’opéra, des autocollants apposés au sol. Une multitude de chevaux disposés en spirale. D’autres chevaux comme échappés de la spirale plus loin sur le trottoir. Je ne les ai pas comptés. J’imagine celui qui a fait ça. Qui a choisi ce trottoir-ci plutôt que celui-là ; qui a commencé à coller, un par un, cheval après cheval, réussissant à force de patience et de concentration à donner un rythme à cette installation éphémère. Les gens passent, marchent sur cette chevauchée. Chaque pas contribuera à la faire disparaître peu à peu. Les gens passent, ne voient pas. Ne s’étonnent pas. Je m’arrête pour prendre la photo. Alors les gens qui passent s’intéressent et regardent. Les gens s’étonnent.
Comment ai-je réglé mon appareil ? Je ne sais pas, mais la photo sortira toute bleue. Obligée de la passer en « faux » noir et blanc pour que cela ressemble à quelque chose.
« Chevaux échappés » est la traduction française du titre d’un roman de Yukio Mishima. Rien à voir mais j’y pense en prenant la photo. Ai-je lu ce livre ? Je ne sais plus.

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mardi 27 novembre 2007

Comprend qui peut (rue Clavel, Paris 19e, 12 novembre)

PA

C’est une inscription au sol ; Signalétique urbaine qui, dans sa forme d’origine, tendait à informer l’automobiliste aux velléités de stationnement, qu’il devrait payer son tribut pour se poser là : Payant.
Mais cette inscription-là, soit que la place fut devenue par une décision quelconque gratuite, soit que quelque accident subi par la voierie eut obligé à y apposer un pansement de goudron, a été partiellement recouverte.
Le boulot n’a pas été fait jusqu’au bout puisque de ce « payant » reste le PA. Le YANT (on peut prononcer « ian » à l’occasion) a disparu de la rue Clavel. Le PA lui est resté, n’évoquant rien ou évoquant à quelques passants autre chose. Mais qu’est-ce que ça peut bien être PA ? Qui ça peut bien être ? Comprend qui peut. Quelques feuilles harmonieusement disposées par un automne esthète viennent compléter le tableau.

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lundi 5 novembre 2007

Parterres d’Arles II (Arles, 30 octobre 2007)

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Parce que j'ai hésité entre celle-ci et celle-là. Parce que c'est le lendemain que cette photo fut prise. Parce que quelqu'un par ici a osé réclamer une photo par jour et que, juste pour une fois, je veux bien accéder à sa demande. Pour tout ça, voici un deuxième parterre d'Arles. C'est rouge, c'est classique ou Renaissance.

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dimanche 4 novembre 2007

Parterres d’Arles I (Arles, 29 octobre 2007)

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Par terre à Arles, des écritures. Signalétiques, plaques qui informent que l’éclairage du bâtiment là, en face de vous, a été réalisé avec le soutient du Rotary club, merci le Rotary club. Médaillons de cuivre discrets mais bien présents portant simplement les armes de la ville. Flèches peintes pour un marathon passé. Flèches et silhouettes pour un "quoi ?" à venir ou passé, on ne sait pas ; pas très clair.
Rarement vu, pour ne pas dire jamais, une ville aussi écrite au sol. Signalétique associative ou municipale, commémoration, spontanéité parfois comme pour ces citrons géants peints sur le bitume autour du théâtre antique.
Les plus remarquables de ces marques au sol sont des rectangles blancs contenant une flèche de couleur qui indique la direction à suivre pour rejoindre un des innombrables lieux ou monuments du patrimoine arlésien. Chaque époque de l’histoire a sa couleur. Bleue l’antique, verte la médiévale, rouge la Renaissance. Ici donc la médiévale. On ne lit plus tout à fait le mot « médiévale », un chewing-gum s’étant chargé de rendre l’inscription quelque peu byzantine. Grand soleil encore et toujours sur Arles.


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